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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 13:54

Amelia---Premier-vol---First-flight 0559

 

Avec plus de 310 heures d’avion et une dizaine d’heures d’ULM je suis toujours un bébé en terme d’expérience de pilotage. J’ai encore des milliers de choses à apprendre et de bonheurs à découvrir. En attendant, il y a une chose que je peux faire tout de suite. C’est partager avec vous ma passion de cet élément insaisissable mais assez puissant pour soutenir mes ailes.

 

Plus que partager, mon voeu le plus profond serait qu’un maximum d’entre vous puissiez découvrir cette joie de piloter soi-même un de ces appareils magnifiques. Pour cela il n’y a rien de plus simple. Allez à l’aérodrome le plus proche de chez vous et poussez les portes des clubs qui s’y trouvent. Puis choisissez celui qui vous aura fait la meilleure impression.

 

Voilà ! C’est fait ! Vous pouvez commencer à voler et à toucher le ciel du bout des ailes.

 

Cependant, là où nous perdons beaucoup d’entre vous, c’est au moment de parler de prix et de budget. Il ne faut pas se voiler la face, pour faire voler un avion il faut de l’argent. Malgré les efforts énormes des clubs, il est quasiment impossible de voler sur un avion certifié pour moins de cent euros par heure de vol. Il y a des exceptions ici et là mais en général, sur des avions de début on trouvera plus des 110 euros que des 90 euros par heure de vol. À cela il faudra ajouter parfois les frais d’instruction et les équipements du pilote. Tout cela fait qu’avant même de commencer le pilote est confronté à un réel choix de vie dans l’allocation de son budget pour sa passion. Mais, comme on dit souvent, quand on aime on ne compte pas … Malheureusement, si.

 

Pour des jeunes n’ayant pas d’aide parentale il devient compliqué d’aborder son rêve. Il y a bien des subventions fédérales pour les jeunes pilotes mais cela reste léger et ne couvre pas la totalité du budget de formation, loin s’en faut. Et c’est normal.

 

Il y aurait bien la solution de commencer par l’ULM, mais là aussi, lorsqu’on regarde l’offre on est confronté à une instruction qui ramène le prix l’heure de vol souvent au niveau de celui de l’aviation certifié et en plus, une fois breveté, il est souvent difficile de voler car l’ULM est plus un monde de propriétaires que de clubs. L’instruction y est souvent à but lucratif augmentant le prix de fait. Ceci n’est pas une généralité, il existe ici et là des possibilités moins onéreuses.

 

La situation est-elle donc bloquée ? N’y a-t-il donc pas de solutions pour augmenter le nombre de pilotes ?

 

Au contraire, je suis persuadé que des solutions innovantes peuvent exister. Innovantes mais pas révolutionnaires.

En France, nous avons la chance énorme d’avoir cette structure magique d’Association Loi 1901 à but bon lucratif. Quelle chance énorme. Nous pourrions en profiter encore plus. 

Commençons par la frontière entre l’ULM et l’avion certifié. On entend encore trop souvent des commentaires du monde de l’aviation certifiée du style « nous on a des vrais avions, pas des avions en plastique », ou encore « les vrais pilotes ne sont pas dans les ULM ». Sans rentrer dans ce débat stérile, pour l’avenir de l’aviation française il serait utile de le dépasser. Dans quasiment toutes les activités, les deux éléments essentiels de la progression sont l’expérience et l’argent. L’expérience est incontournable car tout l’argent du monde ne saurait acheter les compétences immédiates pour piloter certains types d’engins. L’argent devient important quand, une fois l’expérience acquise, on souhaite passer sur des machines plus performantes, plus complexes. Il y a un monde entre le jeune cavalier débutant en poney-club et le cavalier évoluant en concours international. Et je ne parle pas des professionnels. Il en est de même pour notre monde de l’aviation. Il se constitue donc, dans quasiment toutes les activités, une notion de gamme. On commence par peu d’expérience et peu de moyens. Plus on progresse, plus on a besoin de moyens. Cependant, on peut continuer à avoir des plaisirs infinis avec une grande expérience sans pour autant rentrer dans une spirale de dépenses sans fin. Beaucoup de pilotes d’ULM l’ont très bien compris.

Pourquoi pas, à ce moment-là, reconstituer la notion de gamme dans nos aéroclubs ? Ne peut-on pas imaginer une panoplie de machine disponible avec une gamme de tarifs permettant des vols peu cher pour le débutant (surtout les plus jeunes), préservant ainsi les budgets pour plus tard lorsque l’expérience sera au rendez-vous ? Pourquoi payer 120 euros de l’heure de vol pour un avion certifié pour aller à 30 nautiques de son terrain alors que l’on pourrait faire la même chose avec autant de plaisir à 90 euros ? Et que dire de la frustration d’avoir enfin son brevet mais plus assez de budget pour voler régulièrement.

 

photo13

 

Certains clubs l’ont compris et possèdent une composante ULM complètement intégrée à la structure. J’ose penser que quasiment tous les clubs devraient avoir une section ULM. Accueillir les débutants par l’ULM permet de leur enseigner exactement les mêmes impératifs avec un coût horaire inférieur. Il y a même des avantages dans l’appropriation des certaines phases de vol, tels que décrochages et atterrissage. La vitesse plus lente de beaucoup d’ULM trois axes réduisant la crainte de ces situations pour les élèves pilotes.

 

L’avantage financier est d’autant plus important que lorsqu’ils désireront passer le brevet PPL, ils seront déjà aguerris et l’expérience montre que la majorité d’entre eux réussissent leur PPL en beaucoup moins d’heures que la moyenne. C’est autant de budget qu’ils pourront utiliser pour du perfectionnement, du voyage ou d’autres joies aéronautique. C’est autant de pilotes en plus pour peupler notre ciel. 

 

Je ne suis pas le premier à penser ceci. Il y en a même qui le font depuis longtemps et prouvent que cela fonctionne. Alors ?

 

Autre idée. Il y a peut-être des synergies à trouver entre les fabricants/distributeurs d’avions et d’ULM. Constituer une gamme permettant d’apporter un ensemble de solutions aux aéro-clubs. Dyn’Aero, par exemple, propose une solution de location permettant d’accéder à un appareil de qualité sans que le club n’ait besoin d’un capital important pour l’investissement initial. Cette formule pourrait être étendue à une gamme plus large d’appareils, de moins chers pour une formation initiale ab initio à plus chers pour du perfectionnement.

 

Les solutions de subventions apportées par les fédérations s’ajoutant à ceci, cela constitue une augmentation des possibilités pour un plus grand nombre d’aspirants pilotes. Sincèrement, qui serait opposé à une réduction notoire du budget pour la formation entre 0 heure et PPL ?

Est-il vraiment nécessaire d’avoir un avion dont le prix neuf serait d’environ 350.000 € (ou plus !) pour passer un PPL ? La moyenne des PPL en France est réussie après environ 70 heures de vol au carnet alors que le minimum requis est de 45 heures. Les 25 heures de plus n’auraient-ils pas intérêt à être effectués sur ULM à prix inférieur pour préserver l’avenir du pilote dans le club. Et de plus, l’attractivité pour le prospect serait plus grande si on lui annonçait des budgets plus faibles pour la totalité de sa formation.

 

Une dernière question pour vous. Louis Blériot, lorsqu’il traversa la Manche, pilotait-il un avion ou un ULM ? Un avion, bien entendu ! Pourtant le Blériot XI avait une masse à vide de 300 kg ce qui, aujourd’hui, le classerait dans la catégorie ULM. Le célèbre Piper J3 (vous savez le bel avion souvent jaune qu’on appelle aussi le Cub) serait lui aussi un ULM. D’ailleurs certains de ses descendants directs sont bien classés dans cette catégorie.

 

Mon propos est de montrer que l’essentiel est de voler, d’ouvrir le ciel au plus grand nombre quelle que soit la masse de l’avion utilisé. Le bonheur de toucher le ciel est aussi beau et intense en J3, en G1 Spyl, en Robin ou en Cessna. Nous avons cet avantage énorme en France de pouvoir le faire dans des structures qui ne sont pas à la recherche de profits mais de passions. Sachons maximiser cela et le pousser encore plus loin. Sachons donner des ailes à nos plus jeunes.

 

Amelia---Premier-vol---First-flight 0533


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Published by Patrick Milward - dans ESSAIS
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